Ateliers médiation



ATELIERS DE DANSE AUPRÈS DE PUBLICS SPÉCIFIQUES




Notre démarche s’inscrit dans l’affirmation que tout le monde peut danser et s’approprier le mouvement en développant une conscience fine de ses coordinations motrices internes et ce, quelques soient son âge, sa mobilité, ses capacités psychiques et Nous favorisons particulièrement la créativité et l’expressivité dans l’expérience dansée avec une approche autour des structurations psychocorporelles et des schèmes de développement moteur. Nous invitons chacun à déployer une danse intégrative, à la croisée de différentes techniques de danse moderne et contemporaine (Laban, Bartenieff, technique release), de contact, d’improvisation (composition instantanée), de relaxation et de yoga en proposant la possibilité d’une rencontre avec soi, l’autre et le monde extérieur dans le mouvement.

Nous privilégions également une approche tournée vers la mixité et l’ouverture sur la cité, notamment à travers des spectacles, des rencontres dans les lieux culturels dédiés à la danse et un travail à l’extérieur en lien avec l’espace de la ville.

Cette dimension dénote de la spécificité de notre projet associatif qui s’inscrit dans un processus de démocratie culturelle. L’essentiel n’est pas tant de faciliter l’accès aux établissements culturels et aux œuvres chorégraphiques pour tous mais  de privilégier l’expression de tous.



Il s’agit de permettre à toute personne de cultiver sa capacité d’inventer et de créer, d’examiner librement ses talents et de recevoir une pratique artistique de son choix.



En cela, l’association « Les Chemins de la Danse » s’empare de la notion de démocratie culturelle comme vecteur d’intégration et de cohésion sociale.
Halte Femmes - Association Aurore - Paris 12ème 






Public :  Femmes en situation de grande précarité et Sans Domicile Fixe 


Atelier de médiation artistique psycho-éducatif :

Travail de remobilisation et de redynamisation du lien social à travers la danse improvisation et la rencontre du milieu de la danse.

Pour les 60 femmes qui sont passées par l’Atelier Danse, les séances ont trouvé une résonance positive en tant que moment de partage, de convivialité, d’expression, d’expérimentation nouvelle, de processus de re-narcissisation et de réinvestissement de l’espace public.
Nous avons travaillé sur tous les plans:

De manière éducative (lors de problèmes d’hygiène par exemple)
Sur un plan thérapeutique (vis-à-vis de problèmes de comportement notamment)
Sur un plan social (replacer la personne au cœur de son projet de vie)


L’identification de l’atelier Danse s’installe chaque jour un peu plus à la Halte Femmes mais cet exercice demande du temps et une adaptation constante de nos approches. Pour les perspectives 2014, nous visons la création d’un groupe de femmes régulier d’une séance sur l’autre et un essor du nombre de participantes. 

Travail partenarial :
Centre National de la Danse
Théâtre de la Ville
Théâtre de Chaillot 

Activités:

Mise en place d’ateliers et de rencontres en lien avec les spectacles.
Animation en concertation avec un travailleur social de l’équipe référent du projet.
Sorties culturelles et rencontres avec des danseurs ainsi que des chorégraphes.




Résidence « Apollinaire » - Association Aurore – Paris 15ème 

Lien vidéo  https://www.youtube.com/watch?v=2NvYIIShCCc

Public : Adultes en situation de souffrance psychique stabilisée.

Atelier de médiation artistique psycho-éducatif :

Travail autour du lien social, de la redécouverte de soi, de l’autre et de la relation à travers la danse improvisation et la rencontre du milieu de la danse.

Sorties culturelles et rencontres avec des danseurs ainsi que des chorégraphes.

Travail partenarial :
Centre National de la Danse
Théâtre de la Ville
Théâtre de Chaillot : mise en place d’ateliers et de rencontres en lien avec les spectacles.

Animation en concertation avec une animatrice de l’équipe référente du projet.


BILAN QUALITATIF DE L'ATELIER AUPRÈS DU PUBLIC DE LA HALTE FEMME
Voici quelques morceaux choisi de mots des femmes ayant participé à l’Atelier :

« C’est comme une bulle où on oublie le reste, cela permet de changer du quotidien de m’évader et oublier un instants mes soucis et même parfois dans la semaine, quand j’ai le cafard, je repense à l’atelier et je me dis que ce qu’on fait a du sens, que c’est constructif. »

«  On profite du moment présent »

« C’est bien, c’est intéressant et amusant »

« Ça me fait du bien, on est au calme ici »

« J’en veux plus »

« Ici on peut être ensemble, partager, se soutenir et se conseiller ; on est comme des sœurs »

« On rigole et on s’amuse bien »



 Le lieu :


L’atelier se déroule à la « Maison des Ensembles » qui met à notre disposition une très belle salle de danse ainsi que du matériel pédagogique.

Malgré la proximité de ce lieu (quelques minutes à pied) et les retours unanimement positifs des participantes, les femmes ont été plus assidues pour les séances que nous avons organisées sur place à la Halte Femmes que lorsque nous nous sommes rendues dans la salle de danse.

Pour les séances sur places nous avions la présence d’une dizaine et plus alors que pour la salle de Danse nous avions une présence moindre de 5 femmes en moyenne.

Nous avons constaté, lorsque nous proposons l’atelier sur place, que certaines femmes qui n’avaient pas initialement prévu de participer nous ont regardées puis se sont jointes au groupe au cours de la séance. Par ailleurs, certaines femmes ont participé de manière régulière sur place mais ne souhaitaient pas se déplacer.

Il parait ainsi clair que sortir de la Halte Femmes représente un frein pour certaines. Tout ceci a réintroduit un nouvel enjeu pour l’équipe et l’atelier Danse : il s’agit de réinvestir l’espace public dans le quotidien de femmes accueillies.

Les sorties culturelles :

Les événements culturels sont pour nous un véhicule possible pour notre dernier enjeu. En effet, les femmes ont participé ou assisté à 7 événements qui ont trouvé un écho tout particulier auprès de participantes au regard des objectifs visés par l’Atelier Danse.
Chaque moment a trouvé son importance, tant pour les événements et spectacles eux-mêmes que pour les moments de convivialité associés aux sorties : repas, pause-café…
Les femmes ont témoigné d’un réel intérêt pour l’esthétique des spectacles mais aussi pour l’ouverture sur le monde que cela représente pour elle. Pour certaines, cette expérience a pu être forte en émotion, de par la symbolique que ces sorties peuvent figurer. Découverte de lieux mythiques de Paris, avoir sa place dans un restaurant ou dans une salle de spectacle,…
L’exercice a pu parfois s’avérer complexe et nous avons pu faire le constat pour certaines d’une « phobie » du regard de l’autre durant les sorties, nous faisant part de leur peur d’être « jugées » par les autres spectateurs, de ne pas « passer inaperçues et que tout le monde sache qu’elles sont SDF »…
Tous ces retours sont très riches et nous ont permis d’affiner nos propositions tout en recentrant nos objectifs autour de la socialisation et l’ouverture sur la cité.
Nous avons pu constater une évolution du vécu des femmes au fur et à mesure des sorties qui se sont constituées au fil du temps comme de véritables rendez-vous de rencontre et de convivialité. Les femmes ont commencé à se préparer ensemble, se maquiller et s’habiller pour sortir ; nous avons préparé des sandwiches ou des petites collations avant de sortir ensemble.
Par ailleurs, nous nous sommes attachés à reprendre des éléments issus des spectacles au sein des ateliers afin de favoriser une résonance entre leur place de spectatrice et leur expérience individuelle du mouvement dansé (reprise des thématiques, de qualités gestuelles, de musiques…).

La participation des femmes pour les sorties a été exponentielle :
Assez faible au début avec seulement 3 ou 4 femmes, elle a augmenté au fur et à mesure des sorties ; si bien que nous avons augmenté la jauge des billets pour que tout le monde puisse venir.
Nous somme ainsi passé de 6 à 10 places en moyenne pour les sorties.
La sortie pour le spectacle « Trocadéro » a été particulièrement marquante pour les femmes qui se sont trouvées « honorées » d’être accueillies par notre correspondant à Chaillot, de dîner devant la Tour Eiffel - que certaines voyaient pour la première fois – et surtout pour la pièce de danse dans laquelle virtuosité et humour se mêlaient.
Le spectacle « Rian » au théâtre des Abbesses fût aussi un moment mémorable pour les femmes qui, pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest, ont pu reconnaître leur langue et leur musique originelles associées au rythme de la musique celtique. Elles ont été particulièrement enthousiasmées par ce mélange des cultures et se sont senties comme « reconnues » et, peut être comme rarement, à leur place et en communion esthétique avec le reste de l’audience.
Les artistes ont invité le public à monter sur scène pour le final ; ce qu’elles n’ont pas manqué de faire.
Autre moment fort, la pièce « Exquises », dans laquelle les danseuses reprenaient les gestuelles propres à la restauration pour en faire une chorégraphie sous la forme d’un banquet rythmé par le service de table. Les femmes ont pu aussi à cette occasion découvrir la gastronomie française, véritable fleuron culturel.

Visites guidées /Rencontres :

Les visites des théâtres ont été des moments très forts qui ont permis aux femmes de se sentir accueillies et de trouver leur place au sein des établissements culturels. La découverte des métiers associés au monde du spectacle ainsi que de l’histoire des lieux a également été très appréciée par les femmes et leur a permis de faire des liens avec leur quotidien ou même leurs savoir-faire, notamment avec la rencontre des costumières (couture, broderie, design,…) et ainsi de relier le monde du spectacle à des éléments plus familiers.

Cela a pu être décisif pour certaines qui ont ensuite pu retourner seules pour assister à une performance au Théâtre de Chaillot ou encore se rendre à un événement de danse dans de nouveaux lieux, sur l’invitation de l’intervenante. Cette démarche individuelle est à noter, dans la mesure où les femmes rencontrent souvent des difficultés pour se rendre seules dans des lieux inconnus – qui plus est culturels.

Cela témoigne pour nous d’une évolution certaine et d’une capacité d’intégration dans le milieu culturel - à priori pas évidente au premier abord, comme une ouverture et le signe d’une capacité à se réinventer et à réinventer ses modes d’engagements dans la sphère sociale.





BILAN QUALITATIF DE L’ATELIER DE MEDIATION 
ARTISTIQUE A LA RESIDENCE APOLLINAIRE


Atelier d’expression corporelle et de redynamisation sociale par la danse



Durée d’action : depuis novembre 2010

Atelier bimensuel de 2h00.



Nombre de séances : 22 (dont 4 sorties)
Nombre de participants : 6 pour les ateliers et 12 pour les sorties
Public : Adultes en situation de handicap psychique et stabilisés

Contenu :
Travail autour du lien social, de la redécouverte de soi, de l’autre et de la relation à travers la danse improvisation et la rencontre du milieu de la danse.
Sorties culturelles et rencontres avec des danseurs ainsi que des chorégraphes.

Travail partenarial :
Théâtre de la Ville
Centre National de la Danse

Animation en concertation avec une animatrice de l’équipe référente du projet.

Bilan qualitatif 2012-2013 :
Après avoir développé une pratique de la danse improvisation en atelier, nous avons travaillé sur un projet orienté vers la rencontre avec le milieu de la danse.
Le projet de la résidence Apollinaire étant tourné vers la socialisation, il nous a semblé important de proposer aux participants de relier leur pratique personnelle et collective en atelier à une dimension plus universelle.

I/L’atelier :
1/Lieu de l’action :
L’atelier se déroule au sein de la résidence Apollinaire de l’association Aurore, foyer d’hébergement accueillant des adultes reconnus en situation de handicap psychique, orientés par la Maison Départementale Du Handicap, et en situation de travail.
Les missions de la Résidence Apollinaire sont :
  • Stabilisation pérenne : stabilité exprimée comme espacement, diminution des symptômes et de la souffrance ;
  • Autonomisation : qualité de vie, équilibre entre le projet général et le projet individuel ;
  • Socialisation : trouver une place, la sienne, au sein du groupe ; se positionner et faire des choix ; être dans des relations vivantes favorisant les interactions sociales responsables et civiques.
La résidence dispose d’une équipe socio-éducative composé d’une Assistante sociale, de 8 animateurs socio-éducatifs et d’un chef de service. L’équipe socio-éducative est présente 24h/24h au sein de la structure.
Un médecin psychiatre est présent pour les candidatures et sur les réunions d’équipe.
La structure s’inscrit dans le pôle « Accueils et soins psychiques » de l’association « Aurore ».
Les ateliers ont lieu dans la salle polyvalente de la « Tisanerie », espace collectif relevant d'un autre service de l'association « Aurore ». Cet espace, à proximité de la résidence, est mutualisé afin de permettre le développement de l’activité.

2/ Diagnostic et origine de l’action :

Nous rencontrons souvent chez les personnes accueillies à la résidence Apollinaire, en situation de handicap psychique, des difficultés relationnelles qui peuvent engendrer une rupture du lien social. De même, la maladie mentale peut entrainer une mise à mal des images du corps et de l’estime de soi qui peuvent renforcer le contexte d’isolement dans laquelle elles se trouvent.
Cette situation peut engendrer une mise à l’écart de l’espace public et ainsi constituer un frein pour accéder aux structures de droit commun ; ce qui peut provoquer une perte d’autonomie et ne fait qu’accentuer le sentiment et le vécu d’exclusion.
La danse, à travers l’expression corporelle, peut être valorisante parce qu’elle permet de découvrir son potentiel, source de confiance en soi. C’est l’improvisation que nous souhaitons proposer dans ce cadre car elle favorise plus particulièrement l’écoute de soi, et donc son propre réinvestissement à travers la créativité. Improviser, c’est ouvrir des possibles, s’ouvrir à soi, à l’autre et à son environnement.
La dynamique de groupe peut ainsi permettre une rencontre avec l’altérité. La danse, mode d’expression avec son langage propre peut constituer un outil de communication et inviter à de nouvelles modalités de dialogue et de rencontre avec le groupe, soi et les autres.
Peut naître alors l’idée d’un processus dans la danse improvisation où l’individu est lui-même en processus et dans lequel il peut explorer d’autres supports d’identification, d’autres possibilités d’être au monde et en relation ; elles-mêmes susceptibles d’être réinvesties dans la vie quotidienne et, le cas échéant, de soutenir la redynamisation du lien social et l’autonomisation.

3/ Objectifs visés par l’action:
- Soutenir les évolutions personnelles de chacun dans un cadre collectif et artistique en complémentarité des accompagnements individuels.
- Ouvrir l’expressivité et la créativité de chacun avec l’opportunité d’appréhender un nouveau rapport à soi et à l’autre.
- Proposer un espace de re-narcissisation et de structuration à travers l’apprentissage de techniques nouvelles et valorisantes.
- Favoriser un travail autour de l’altérité et de la rencontre avec l’autre en prenant appui sur la dynamique de groupe.
- Associer l’expérience individuelle en atelier à une ouverture vers le lien social en proposant un accès aux lieux culturels de la ville de Paris, comme la possibilité de réinvestir une place personnelle au sein de l’espace public.

4/ Descriptif de l’action :
Le dispositif est répété plus ou moins dans son intégralité tout au long de l’année avec un découpage en différents temps :

a/ Un travail rythmique

b/ Un temps de préparation corporelle précis 

c/ Improvisation/Expérimentation 

d/ Elaboration d’une phrase chorégraphiée :

e/ Des rituels de début et de fin jalonnent la séance.

f/Un temps de partage en fin de séance :

5/ Mode d’évaluation de l’action :

Engagement personnel et investissement dans l’activité de médiation :

Assiduité ; ponctualité ;

Respect et écoute des consignes ; engagement dans l’exercice proposé.
Capacité à mettre en œuvre différentes modalités d’engagement de Soi au sein de l’atelier :
Intégrer et proposer différentes qualités de mouvements ;
Créativité et expressivité dans le mouvement.
Capacité à créer des liens et à danser en relations avec les autres :
Respect et écoute de l’autre ;
Capacité à être force de proposition et à intégrer les propositions de l’autre. 

Mise en perspective de l’expérience dans la vie quotidienne :
Quelles répercussions dans les modalités d’interaction avec les travailleurs sociaux, dans la vie collective ainsi que pour la gestion des démarches quotidiennes (soins, travail, administratif,…).

Réunions de régulation avec l’équipe et les participants.

II/La programmation culturelle :
Spectacles, rencontres et ateliers ; liens et perspectives pour notre pratique

Sorties effectuées :
19 septembre 2012 : « Jours étranges » de Dominique Bagouet. Théâtre de la Ville
14 décembre 2012 : « Bal des Princesses (mais aussi des Princes !) ». Compagnie La Feuille d’Automne. Centre National de la Danse.
28 mars 2013 : « A Posto » d’Ambra Senatore Théâtre de la Ville.
20 juin 2013 : « Kontakthof » de Pina Bausch. Théâtre de la Ville.

Nous avons poursuivi les partenariats engagés et en avons développé de nouveaux avec des grandes institutions culturelles diffusant et promouvant la danse.

Nous avons cette saison suivi la thématique du partage et de la mise en lien.
Ces notions ont été explorées tant dans le cadre des ateliers avec un travail favorisant la relation avec l’autre, en duo ou avec l’ensemble du groupe, que des sorties culturelle, au travers de rencontres en lien avec les spectacles notamment.
Nous avons aussi choisi de fêter la fin d’année en participant à un bal organisé par le Centre National de la Danse afin d’élargir nos horizons d’une pratique en atelier et d’ouvrir plus largement encore le spectre de la rencontre et de la sociabilité.

Dans cette perspective, nous avons axé en début de saison le travail sur le duo et le regard afin d’initier les participants à une pratique de danse « sociale ». Nous avons joué cela sous différentes formes, avec un travail en miroir, de question réponse ou encore de guidage avec le support d’objets divers (foulards, instruments de musique,…).
Nous avons aussi instauré un dispositif incluant le regard de l’autre afin que les résidents commencent à s’habituer à cette situation d’exposer leur danse. Nous avons séparé le groupe en deux et avons défini un espace scénique, identifiant ainsi le lieu de la danse et le différenciant de celui des spectateurs.
Outre de préparer chacun à l’expérience de bal, ce dispositif a présenté de multiples intérêts car il a aussi permis d’amorcer un travail plus recherché autour de la notion de spéculaire. Les spectateurs ont ainsi pu consolider leur qualité de regard en faisant un retour aux danseurs de ce qu’ils avaient pu observer de leur danse. Ces retours ont aussi été très riches pour les danseurs qui ont pu à travers le regard de l’autre affiner leur gestuelle et approfondir la qualité de leurs perceptions corporelles et du mouvement.
Lors du « Bal des Princesses (mais aussi des Princes !) », les participants se sont montrés dans l’ensemble assez à l’aise. Certains ont participé avec entrain du début à la fin, d’autres ont préféré s’assoir de temps à autres pour regarder mais tous ont été enchantés de ce moment de convivialité et de danse partagée, témoignant de leur intérêt pour renouveler l’expérience.

Concernant l’expérience de spectateur, « Jours étranges », premier spectacle de la saison, a été très apprécié par l’ensemble du groupe sous différents points de vue. Tout d’abord car la pièce initialement créée avec des danseurs professionnels était dansée par de jeunes lycéens amateurs qui pour la plupart dansaient pour la première fois. Un travail de transmission avait été réalisé durant une année, laissant les jeunes insuffler leur propre dynamique et figurer leurs propres préoccupations. Leur énergie et leur fraîcheur a transporté les résidents qui pour certains avaient envie de se mettre à danser aussi. Cette force de vie déployée sur scène les a beaucoup impressionnés et a été très porteuse.
D’autre part, la thématique de la pièce autour du sentiment de bizarrerie que l’on peut ressentir à l’adolescence, période de flottement, passage délicat de mutation et de transformation dans un entre-deux, a particulièrement touchée les résidents, comme faisant écho à une expérience qu’ils peuvent vivre parfois du fait de leurs problématiques. Ils ont ainsi pu faire des liens avec un vécu intime et réaliser que ce sentiment d’étrangeté qui peut les traverser peut être aussi perçu par d’autres à certains moments de la vie et revêtir une forme symbolique, le renvoyant dès lors à une certaine universalité.
La pièce « A posto » d’Ambra Senatore jouait aussi sur cette notion d’étrangeté avec beaucoup d’humour, s’amusant sur le décalage de certaines situations et laissant transparaître un sentiment d’incongruité à partir d’une situation quotidienne de pic nique. Au fur et à mesure, la situation se dégrade pour devenir totalement burlesque. La maîtrise technique des danseuses et le propos de la pièce, transformant le geste quotidien en geste dansé et jouant sur la notion de répétition pour multiplier les points de vue autour d’une même phrase chorégraphique a soulevé l’intérêt des résidents. Ils ont pu faire part de leurs observations et remarques avec beaucoup de précision lors d’une rencontre avec la chorégraphe à l’issue de la représentation. Ce fût un grand moment de rencontre et de partage durant lequel ils ont pu échanger librement avec l’artiste présente.
La chorégraphe a par la suite donné un atelier pour les résidents au sein du théâtre des Abesses. L’objectif était de partager avec le groupe le travail de recherche de la compagnie pour la création de cette pièce en proposant des explorations qui ont été expérimentés par les professionnels.
Cette séance fut particulièrement riche pour les participants qui ont pu concrètement faire le lien entre leur pratique personnelle et le spectacle. Les différents thèmes proposés durant cet atelier ont ensuite été explorés durant plusieurs séances avec le même enthousiasme.

En fin de saison, nous avons engagé un travail autour de la pièce de Pina Bausch, « Kontakthof », abordant les notions de partage, notamment au travers du film « Les rêves dansants » qui relate l’expérience de transmission de la pièce à un groupe d’adolescents et que nous avons visionné ensemble. Les résidents ont découvert avec ravissement l’implication des jeunes gens dans le mouvement et en quoi cette expérience avait pu les transformer et les accompagner dans leurs questionnements intimes et relationnels. Ils ont été très touchés et ont pu faire des liens avec leur propre investissement dans la danse et l’expressivité du corps, ce travail révélant encore une fois le caractère universel et la puissance de la danse, comme source de créativité et de renouvellement de soi.
Leur perception de la pièce lors de la représentation, dansée cette fois-ci par les danseurs de la compagnie, en a été d’autant plus forte, certains résidents se montrant très enthousiastes ou bouleversés, comme en témoigne la remarque de l’un d’entre eux : « en parlant de leur vie, c’est un peu l’histoire de chacun d’entre nous qu’ils racontent ». Par ailleurs, ayant conscience de l’importance de cette pièce et de la chorégraphe dans l’histoire de la danse, les résidents se sont montrés très honorés de pouvoir assister à cette représentation.
Nous avons engagé cette saison un très beau partenariat avec le Théâtre de la Ville. Les retours des personnes en charge des relations avec le public ont été très forts et chargés d’émotion, renvoyant aux résidents la qualité et la finesse de leur regard de spectateur. Cela a été très valorisant pour les résidents qui ont eux-mêmes été enchantés de ces nouvelles rencontres. Ils ont pu partager de manière très spontanée leurs émotions esthétiques, leurs ressentis et leurs observations, les décrivant de manière très simple et à la fois avec une grande précision.
Ceci a aussi été favorisé par le travail et l’implication de l’équipe socio-éducative qui accompagne régulièrement la parole et le partage autour de l’expérience d’atelier et de spectateur, notamment lors des conseils de vie sociale.
Les participants ont ainsi pu faire émerger un discours construit et étayé par une connaissance de plus en plus accrue de l’esthétique de la danse. Nous continuons en effet, en relation avec chaque spectacle, à expliciter de quelle manière le travail du chorégraphe et la technique utilisée s’inscrivent dans l’histoire de la danse et l’histoire de l’art en général. Ceci a été très bénéfique pour les résidents qui se sont réellement emparés de cet aspect de notre démarche et constitue à notre sens une véritable source d’émancipation. Ils ont pu faire des liens entre leur travail personnel en atelier et le contenu des œuvres chorégraphiques mais aussi situer des éléments précis de technique dans un contexte plus large et ainsi ancrer leur pratique dans une dimension plus universelle et « partageable », comme faisant partie d’un tout.
Après cette saison riche de découvertes, d’évolution dans le mouvement dansé et de réflexion, nous avons décidé de poursuivre l’atelier pour une année suivante.


ATELIERS  ANTÉRIEURS 

INS
TITUT MÉDICO-EDUCATIF « LA NICHÉE » - CRÉTEIL :
 Danse thérapie 
              
octobre 2010-juin 2013
2 Ateliers bimensuels 
Travail sur la relation à l’autre et au monde extérieur avec une attention portée sur la dynamique de groupe et le travail en duo et trio.
L’objectif principal de ces ateliers vise un mieux-être global, tant sur le plan corporel que psychologique. Il s’agit d’aborder la danse d’une manière thérapeutique, pour aller à la découverte de soi en encourageant le passage du geste à la parole.
              
 La danse thérapie invite à l’éveil des sens, à renouer avec son corps, à accueillir ses émotions et à (re)contacter sa sensibilité. Elle revitalise, dynamise, redonne confiance en soi, détend, libère les tensions et blocages physiques et émotionnels.
       Encadrement en concertation avec la psychomotricienne.
Nous abordons à travers la médiation en danse des dimensions telles que l’intimité et l’intériorité de soi, le contact, la relation à l’autre, la communication, l’imaginaire et le symbolique. Cela peut permettre aux jeunes de se construire, de se constituer et de révéler une identité tout en accédant à l’autonomie et en développant les conditions spatio-temporelles et socio-affectives nécessaires à la construction de soi et de l’estime de soi.
Ce travail s’articule autour du lâcher-prise. Il n’est pas nécessaire de savoir danser. C’est la liberté du mouvement qui prime, la qualité d’être, de présence. Chacun travaille à son rythme, à sa façon. Il n’y a pas de jugement de valeur. Les personnes peuvent ainsi se (re)construisent, sortir de leur isolement, communiquer, se libérer des modes de fonctionnement limitant et s’affirmer.
Un accent particulier est mis sur l’autonomisation et la responsabilisation pour les jeunes de l’IMPro afin de les accompagner au mieux vers le passage à l’âge adulte. De même, dans la perspective d’une orientation future vers un lieu d’accueil ou de travail pour adultes, une ouverture vers l’extérieur est favorisée. Dans cette dynamique, une sortie a été organisée à la Grande Halle de la Villette autour du spectacle de Christian Rizzo, « De quoi tenir jusqu’à l’ombre », en lien avec la compagnie « l’Oiseau Mouche ». Une rencontre avec les artistes a été organisée à l’issue de la représentation. Cette soirée a été particulièrement appréciée des jeunes qui ont pu faire le lien entre leur pratique personnelle en atelier  et une dimension plus artistique, d’autant que la compagnie « l’Oiseau Mouche » travaille avec des personnes en situation de handicap mental.
Les participants ont ainsi pu échanger avec les danseurs professionnels, particulièrement à l’aise et sociables, et ainsi se projeter dans l’avenir et dans une perspective d’émancipation.

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